« L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu » Christiane Faure à Franck Lepage.

Cette citation n’est pas anodine, le fait que Franck Lepage, l’un des « pères » de l’éducation populaire moderne l’ai choisi pour commencer sa conférence gesticulée sur l’éducation populaire en témoigne.

D’ailleurs, préférant l’original à la copie, pour apprendre, comprendre et s’approprier la notion d’éducation populaire, et afin d’être convaincu de ses forces et de ses intérêts, je vous recommande vivement cette conférence de Franck Lepage:

Alors, sans rentrer dans des détails ennuyeux et des copiés/collés de ce que vous pourrez lire ailleurs, qu’est ce que l’éducation populaire?

C’est simple, c’est l’action d’éduquer le peuple, et de développer des outils pour le faire. 

Alors, pourquoi, ils n’en ont pas voulu (les dirigeants de l’époque et d’aujourd’hui) ?

C’est un peu plus complexe. Le peuple aurait besoin d’être éduquer? Ce n’est pas ce qu’on croit, nous parlons pas là d’éducation parentale, ou scolaire, en fait, il s’agit d’éducation POLITIQUE.

Oui, politiquement, le peuple a besoin d’éducation. Grâce à beaucoup d’éléments de communication de masse, comme la télévision, la radio, les journaux, et même grâce à l’école de la république, le peuple est désinformé, divisé, gavé de principes et de croyances provoquant sa servitude consenti.

Faire de l’éducation populaire, c’est, à son échelle, tenter de donner les moyens à une partie de la population de se poser des questions sur le fonctionnent de sa société. C’est essayer de sortir des personnes des manipulations dont ils sont les victimes.

En fait, faire de l’éducation populaire, c’est faire de la réinformation, c’est réveiller chez le peuple son sens critique, afin que par lui-même il prenne conscience de la réalité politique et économique qui l’entoure.

Il s’agit de lui redonner des bases, des outils, des mots et des moyens pour penser sa réalité social, afin de combattre l’illusion entretenue par nos médias et nos politiques, par laquelle le peuple est réduit à penser sa réalité et sa vie.

Mais, au delà de la destruction chez le peuple des croyances capitalistes et politiques, ainsi que des mensonges historiques et médiatiques, l’éducation populaire c’est aussi donner au peuple les moyens de penser les moyens de construire une autre société.

L’éducation populaire, c’est faire réapprendre notre passé, faire comprendre notre présent et faire construire notre futur.

En effet, c’est aussi, au delà de réveiller le sens critique du peuple, faire renaitre chez lui la capacité de construire des alternatives sociales. Dans l’histoire, il a déjà été capable de faire naitre des alternatives sociales (1946-Acquis du CNR) et dans le présent aussi (révolutions latino-américaines).

Il s’agit bien, par l’étude de ces constructions passés et présentes, par le débat autour d’alternatives proposés aujourd’hui, de refondre le peuple dans son ensemble, non plus comme étant une conséquence de la politique, mais comme étant la cause, l’origine de celle-ci.

À l’échelle de chacun, cela commence par la discussion avec un membre de son entourage, avec des amis, car une personne consciente vaut mieux que zéro. C’est ainsi que petit à petit nous formerons un collectif. L’on peut aussi avoir plus d’ambitions et tenter celle-ci à plus grande échelle, sur des groupes, ou par internet.

Finalement, l’éducation populaire, c’est aller chercher une ou plusieurs personne passive et inconsciente, y semer une graine, l’entretenir, afin que celle-ci devienne consciente et active.

« C’est alors que l’inconscient deviendra un conscient. »