Libérer le Travail

Voilà, elles sont là, les ordonnances Macron, l’objectif est clair: Libérer le Travail.

Nous entendons depuis maintenant suffisamment longtemps cette chanson pour qu’elle soit entrée dans nos structures de pensée.  Libérer le travail, voilà à quoi ça sert de « réformer » le code du travail. Pourtant, derrière cette sémantique positive, se cache l’abus de langage le plus grave de la nov-langue politicienne depuis que les réformes du code du travail fleurissent dans l’actualité politique.

Des ordonnances de Libération?

 

Par opposition à la révolution sociale de la Libération en 1945 (voir le film les jours heureux de Gilles Perret), voilà des ordonnances de Libération.

Libérer l’entreprise, libérer le marché du travail, les ordonnances sont ambitieuses, mais cela va-t-il Libérer le travail?

L’arnaque sémantique est « en marche » mais ne tiendra pas plus longtemps l’analyse, car en effet, derrière cette apparence moderne et « progressiste » , le contenu des ordonnances est bien plus rétrograde et vieux jeu que le champ lexical utilisé. En effet, ils ont beau s’appeler les néo-libéraux, leurs idées sont vielles comme le monde! La recette qu’ils proposent consiste à revenir aux règles économiques en vigueur en 1935, avant les conquêtes du Front populaire et du Programme du Conseil National de la Résistance en 1945.

C’est ainsi que des dispositions, qui suppriment toutes les règles empêchant les employeurs d’abuser de leurs salariés et de leur santés, rendant les travailleurs toujours plus faibles et toujours plus précaires, et qui affaiblissent les organisations syndicales, sont présentées comme une libération du travail. De la même manière, l’instauration de règles qui permettent aux employeurs de faire tout simplement ce qu’ils veulent, du moment qu’ils obtiennent un accord d’entreprise, sont présentées comme un progrès démocratique…

Bref, vous savez tous que ces ordonnances ne vont libérer que les appétits du capital!

Libérer l’entreprise, tout le contraire du projet Macron

 

Les ordonnances néo-libérale veulent libérer les employeurs, et non pas libérer l’entreprise. Libérer l’entreprise, pourtant, est essentiel. Comment? en facilitant les investissements grâce à la socialisation des moyens de production, permettant la fin du recours au crédit et permettant de libérer les structures économiques de l’emprise du capital. 

Mais la propriété collective des moyens de production, aidée par la socialisation des salaires, permet aussi à l’entreprise de se libérer du statut d’employeur, pouvant donc se consacrée pleinement et collectivement à son organisation, à l’innovation et au progrès de ses méthode de production. Libérer l’entreprise ne suffit pas, il faut bien-sur une véritable libération du travail.

 

Alors, comment libérer le travail?

 

Il est urgent d’organiser la riposte politique et sémantique au projet du gouvernement MACRON-MEDEF. L’opposition aux ordonnances sous-entend obligatoirement la construction et la proposition d’une politique alternative de véritable libération du travail. Cette proposition n’émergera qu’avec l’éducation populaire du prolétariat.

Les recettes ne manque pas, le travail de Bernard Friot, du réseau salariat et de tant d’autres le prouvent, la créativité de la classe ouvrière à su construire des structures alternatives. Il est donc primordial aujourd’hui de dire que libérer le travail, c’est possible, à conditions de comprendre de quoi il est prisonnier. 

On nous dit aujourd’hui que celui-ci est prisonnier d’un code du travail trop lourd et trop contraignant, de charge salariales étouffantes et de normes impossibles à respectées. Les libéraux affirment que pour libérer le travail, il faut libérer les employeurs. Pourtant, le travail est le fruit des travailleurs, et non pas des employeurs. Alors, pour libérer le travail nous devons d’abord libérer les travailleurs, exactement l’inverse du contenu des ordonnances.

 

Deux modèles existent déjà

 

En effet, Le Statut de la fonction publique, instauré en 1945 sur la base du Programme du Conseil National de la Résistance, permet à plusieurs millions de travailleurs de produire de la richesse nationale sans recourir au crédit, sans verser de dividendes, sans marché de l’emploi, sans chômage et sans propriétaire lucratif.

Il ne sont pas payés parce qu’ils sont utiles, mais parce qu’ils produisent de la richesse comme l’ensemble des autres travailleurs, qu’ils soit salariés, entrepreneurs ou indépendants.

Ce statut reconnait une qualification liée à la personne plutôt qu’au poste de travail, celle-ci correspond à un salaire quelque soit le poste occupé. Les fonctionnaires étant de ce fait dotés d’un salaire à vie, la subordination par le chantage à l’emploi s’efface, ouvrant la possibilité d’un vrai dialogue social. Par contre, celui-ci est encore limité par la structure très hiérarchique de la fonction publique.

C’est sur ce point que une seconde structure économique pose sa force: Les coopératives de production ou « coopération ouvrière »

L’entreprise, structure de travail et de production de ses salariés, devient justement la propriété de ses membres, de l’ouvrier à l’ingénieur, en passant par ses cadres.

Les moyens et les structures de production, au lieu d’être la propriété de personne au nom de l’apport de capital, deviennent la propriété de ceux qui font vivre l’entreprise, c’est à dire de ceux qui y travaillent.

Les Membres, devenant ainsi les premiers concernés par les décisions, sont à mêmes de conduire l’entreprise vers son développement, sa prospérité tout en respectant ses employés et l’environnement, c’est la propriété d’usage des moyens de production.

Pour conclure, trois modèles s’opposent :

  • Le travail prisonnier dans un modèle de subordination, presque de « dictature économique » , au profit du capital et de l’accumulation de richesse, au détriment de la société et de l’environnement, d’un autre temps, sans intérêt économique réel;
  • Un modèle publique et hiérarchique orienté vers l’utilité publique et l’intérêt général, ayant la capacité de gérer des domaines de production très important, sur le plan national, garantissant le service public;
  • Un modèle coopératif horizontal de production, convenant aux petites et moyennes structures, contrôlée par les hommes et les femmes qu’elles emploient, favorisant l’innovation, le développement et les produits de consommations.

En bref, Les moyens de libérer le travail existent déjà, et cela fonctionne très bien, en témoigne le coût et la qualité du service de santé publique français par rapport aux système privés des USA (respectivement 13 et 18% du PIB) et la vigueur de nos entreprises coopératives.

Il nous reste désormais a perfectionner ces modèles par le débat démocratique, a étendre ces structures à l’ensemble de la sphère productive du pays, afin que leurs avantages soit pleinement utilisés, et qu’ils profitent à tous. Après le statut politique de citoyen, nous devons être reconnu comme des producteurs de la richesse national. Travailleurs libérés, nous aurons donc notre mot à dire sur le destin de nos entreprises, publiques coopératives et indépendantes!

 

Pour finir, le code du travail protège, et c’est qu’avec lui que nous pourrons libérer les entreprises, le travail et les travailleurs.

 

Written by unsconscients in Coup de Gueule, Les Alternatives, Résistance

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